{"id":429,"date":"2020-09-02T14:56:39","date_gmt":"2020-09-02T12:56:39","guid":{"rendered":"https:\/\/fulvioventura.org\/ils-parlent-de-lui\/"},"modified":"2023-05-21T15:22:48","modified_gmt":"2023-05-21T13:22:48","slug":"ils-parlent-de-lui","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/fulvioventura.org\/fr\/ils-parlent-de-lui\/","title":{"rendered":"ils parlent de lui&#8230;"},"content":{"rendered":"<p>[vc_row][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/2&Prime;][vc_single_image image=\u00a0\u00bb2007&Prime; img_size=\u00a0\u00bbfull\u00a0\u00bb][\/vc_column][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/2&Prime;][vc_column_text]<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Les neurophysiologistes disent que l\u2019adolescent a une explosion de liaisons synaptiques, et apr\u00e8s avec la maturit\u00e9 celles-ci se r\u00e9duiront \u00e0 la moiti\u00e9 : seront \u00e9cart\u00e9s les moins fr\u00e9quent\u00e9es et moins utiles. Et de cette fa\u00e7on le cerveau devient toujours moins ouvert \u00e0 des nouvelles id\u00e9es et nouvelles routes.<br \/>La recherche de Ventura essaie de redonner vie aux possibilit\u00e9s que nous avons perdu avec la s\u00e9lection de l\u2019\u00e2ge adulte. Elle laisse entrevoir des nouveaux mondes au-del\u00e0 de celui qu\u2019on voit au quotidien, qu\u2019on s\u2019est r\u00e9duit \u00e0 voir au quotidien.<br \/>Il y a une interpr\u00e9tation de la th\u00e9orie des quanta due \u00e0 Everett qui, m\u00eame dans son extr\u00e9misme, est prise au s\u00e9rieux par beaucoup de physiciens : celle des mondes multiples. Le dilemme central des quanta est que si une particule peut \u00eatre dans deux \u00e9tats, on peut savoir lequel seulement en mesurant, en violant son \u00e9tat d\u2019incertitude. Everett \u00e9met l\u2019hypoth\u00e8se qu\u2019\u00e0 chaque choix les deux possibilit\u00e9s s\u2019av\u00e8reront, et que par cons\u00e9quence se forment deux mondes parall\u00e8les. Ainsi \u00e0 l\u2019infini. Et c\u2019est cette infinit\u00e9 qui la rend douteuse et indigeste.<br \/>Mais si on continue et on essaie de comprendre qu\u2019est-ce qu\u2019il arrive \u00e0 ces mondes parall\u00e8les, il n\u2019est pas dit qu\u2019on va assister \u00e0 une divergence continuelle, et on peut penser \u00e0 une \u00e9volution assujettie aux pressions s\u00e9lectives de l\u2019environnement et de tous les choix autour : beaucoup de divergences seront probablement annul\u00e9es, d\u2019autres resterons, bien que presque indiscernables. La multiplicit\u00e9 ne se multipliera pas forc\u00e9ment.<\/p>\r\n<p>[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column][vc_column_text]<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce sc\u00e9nario est s\u00fbrement plus int\u00e9ressant que le classique, et surtout s\u2019ouvre \u00e0 une comparaison avec la r\u00e9alit\u00e9 telle qu\u2019il nous semble voir tous les jours, impr\u00e9vue mais immuable.<br \/>Les photographies de Ventura peuvent \u00eatre vues comme une allusion \u00e0 ce sc\u00e9nario : des jardins o\u00f9 l\u2019on entrevoit des f\u00e9es fuyantes, des personnages pr\u00e9sents mais mal d\u00e9finis ou avec plus de dimensions que celles qui apparaissent, pays et paysages qui savent de ne pas \u00eatre immuables. Elles nous font sentir le poids des mondes qui auraient pu \u00eatre et en m\u00eame temps nous lib\u00e8rent un moment des cha\u00eenes du monde tel qu\u2019il nous semble \u00eatre.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>Paolo Di Marco<\/b>, extrait de l\u2019article \u2018Fulvio Ventura, Sagacity e il Multiverso\u2019, <i>Poliscritture<\/i>, 3 novembre 2021<\/p>\r\n<p>[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/2&Prime;][vc_column_text]<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Fulvio Ventura a \u00e9t\u00e9 un ma\u00eetre dans l\u2019ombre de la photograhie italienne. Compagnon d\u2019aventure des plus fameux Ghirri, Guidi et Basilico, il a particip\u00e9, avec les meilleurs de cette g\u00e9n\u00e9ration, aux deux projets-culte <i>Voyage en Italie<\/i> (1984) e <i>Archive de l\u2019espace<\/i> (1987-1667). Ventura, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 l\u2019ann\u00e9e pass\u00e9e \u00e0 79 ans, \u00e9tait un homme extr\u00eamement cultiv\u00e9 et profond, d\u2019une sensibilit\u00e9 qui s\u2019exprimait avec des photographies de grande qualit\u00e9 et charme, mais aussi avec ce que beaucoup d\u00e9finissent comme \u2018\u2019un tr\u00e8s mauvais caract\u00e8re\u2019\u2019. Une sorte de misanthropie qui a contribu\u00e9 \u00e0 sa peu g\u00e9n\u00e9reuse fortune critique et \u00e9ditoriale. Il semble impossible que seulement aujourd\u2019hui, \u00e0 presque cinquante ans de distance, puisse voir la lumi\u00e8re <i>Sagacity<\/i>, un livre con\u00e7u en 1975, sur lequel l\u2019artiste est revenu tout au long de sa vie.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Finalement, ce que la maison d\u2019\u00e9dition californienne The Ice Plant a sorti en librairie, c\u2019est dans l\u2019absolu la premi\u00e8re monographie de Ventura. Le graphisme est du renomm\u00e9 photographe new-yorkais Jason Fulford. La r\u00e9daction est de Giulia Zorzi, curatrice et fondatrice de la librairie et galerie milanaise Micamera, l\u2019un des rares espaces en Italie vraiment attentifs \u00e0 la photographie contemporaine internationale.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais l\u2019importance de <i>Sagacity<\/i> n\u2019est pas seulement dans sa curieuse histoire \u00e9ditoriale. Il s\u2019agit d\u2019un livre fondateur, comparable par importance \u00e0 <i>Kodachrome<\/i> ou <i>Milan. Portraits d\u2019usines<\/i> pour les parcours de Ghirri et Basilico. Il contient, <i>in nuce<\/i>, les directives pour lire toute l\u2019\u0153uvre de Ventura, utiles pour dissiper l\u2019\u00e9quivoque qui, depuis les ann\u00e9es \u201980, l\u2019a r\u00e9duit \u00e0 \u2018\u2019photographe des jardins\u2019\u2019.<\/p>\r\n<p>[\/vc_column_text][\/vc_column][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/2&Prime;][vc_single_image image=\u00a0\u00bb129&Prime; img_size=\u00a0\u00bbfull\u00a0\u00bb][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column][vc_column_text]<b>Luca Fiore<\/b>, journaliste, de l\u2019article\u2018\u2019Sagacity, le livre-cl\u00e9 de Fulvio Ventura\u2019\u2019, <i>Il Foglio<\/i>, 13 octobre 2021[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/3&Prime;][vc_single_image image=\u00a0\u00bb5450&Prime; img_size=\u00a0\u00bbfull\u00a0\u00bb][\/vc_column][vc_column width=\u00a0\u00bb2\/3&Prime;][vc_column_text]<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\"><i>Oh, regarde !<\/i><br \/>Et rien d&rsquo;autre \u00e0 dire.<br \/><b>Iminox<\/b>, collectionneurs de photographies<\/p>\r\n<p>Fulvio\u2026 essayait d\u2019\u00eatre souple avec nous, il en arrivait \u00e0 la tendresse.<br \/>Ensuite \u00e9videmment quelque chose le bloquait dans l\u2019acte de se conc\u00e9der.<br \/>Je ne dirai pas anguleux\u2026 mais Fulvio Ventura \u00e9tait unique.<br \/>Il conc\u00e9dait et ensuite il retirait les concessions octroy\u00e9es.<br \/><b>Andrea Abati<\/b>, fondateur de la Gal\u00e9rie Dryphoto, Prato, Italie<\/p>\r\n<p>&nbsp;<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #008000;\"><b>Fulvio Ventura:<\/b><\/span><br \/>La photographie, lorsqu\u2019elle est bien r\u00e9ussie, peut seulement rendre beau ce qu\u2019elle montre. Une didascalie, c\u2019est-\u00e0-dire un discours verbal ajout\u00e9, peut essayer de faire changer la valence \u00e9thique et\/ou esth\u00e9tique. Je ne parle pas ici de la photographie en g\u00e9n\u00e9ral, dans tous ses modalit\u00e9s possibles, de la photo signal\u00e9tique \u00e0 la pornographie, en passant par l\u2019album de noces et les macroscopies entomologiques, mais de ce genre de photographie qui trouve sa collocation finale dans certains mus\u00e9es ou dans les cartons acid-free des collectionneurs priv\u00e9s.<\/p>\r\n<p>[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/2&Prime;][vc_column_text]<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand j\u2019\u00e9tais enfant j\u2019esp\u00e9rais voir les f\u00e9es. J\u2019avais demand\u00e9 \u00e0 ma m\u00e8re si les f\u00e9es existent, et elle me r\u00e9pondit \u2018Elles existent pour qui y croit\u2019. Je pensais : si je m\u2019efforce de voir une f\u00e9e, un esprit, un gnome, et je crois qu\u2019ils existent, et je suis m\u00eame s\u00fbr qu\u2019ils en peuvent exister l\u00e0, pour moi, alors j\u2019en verrai un. Je m\u2019effor\u00e7ais d\u2019y croire fermement : je savais que c\u2019\u00e9tait la magie pour r\u00e9ussir \u00e0 les voir. Je pensais qu\u2019ils pouvaient s\u2019apercevoir plus facilement dans l\u2019ombre d\u2019une haie, au cr\u00e9puscule, ou d\u2019autres fois sur la rive d\u2019un torrent, au midi d\u2019un jour d\u2019\u00e9t\u00e9.<\/p>\r\n\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Petit \u00e0 petit, en grandissant, je n\u2019ai pas voulu abandonner enti\u00e8rement cette illusion et encore aujourd\u2019hui je n\u2019accepte pas d\u2019\u00eatre compl\u00e8tement d\u00e9\u00e7u et, m\u00eame si je ne vois rien de vivant, en parcourant les campagnes je tombe sur des fourr\u00e9s et de haies particuli\u00e8res qui, j\u2019en suis s\u00fbr, cachent des apparitions.<\/p>\r\n\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Et c\u2019est ici que je voulais arriver. Je n\u2019avais jamais retrouv\u00e9 des sensations analogues dans des photographies ou des images. C\u2019est la premi\u00e8re fois. Les photographies de Fulvio Ventura saisissent ce que j\u2019ai toujours cherch\u00e9 : les coins de la nature dans lesquels, si on regarde bien, quelque chose est sur le point de se manifester.<\/p>\r\n\r\n<p><strong>Giovanni Jervis<\/strong>, psychiatre<\/p>\r\n\r\n<p><!-- \/wp:paragraph -->[\/vc_column_text][\/vc_column][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/2&Prime;][vc_single_image image=\u00a0\u00bb1361&Prime; img_size=\u00a0\u00bbfull\u00a0\u00bb][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/2&Prime;][vc_single_image image=\u00a0\u00bb1772&Prime; img_size=\u00a0\u00bbfull\u00a0\u00bb][\/vc_column][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/2&Prime;][vc_column_text]<\/p>\r\n<p style=\"background: white; margin: 4.5pt 0cm; text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10.5pt; font-family: 'Helvetica',sans-serif; color: #1c1e21;\">Enqu\u00eateur des formes du paysage selon un go\u00fbt et une m\u00e9thode presque animiste, cr\u00e9ateur d&rsquo;images qui, par recherch<span class=\"textexposedshow\">e formelle et technique, dialoguent avec les graphiques de tradition ancienne, Fulvio Ventura depuis de nombreuses ann\u00e9es porte son attention pr\u00e9dominante \u00e0 la nature et aux jardins. Il ne manque pas, dans son travail, d&rsquo;autres th\u00e8mes, du paysage anthropis\u00e9 \u00e0 la figure humaine : cependant, le monde v\u00e9g\u00e9tal semble occuper, dans son \u0153uvre, un endroit central significatif.<\/span><\/span><\/p>\r\n<p style=\"background: white; margin: 4.5pt 0cm; text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10.5pt; font-family: 'Helvetica',sans-serif; color: #1c1e21;\"><span class=\"textexposedshow\">Avec une lenteur raffin\u00e9e Ventura construit des sc\u00e9narios v\u00e9g\u00e9taux faits de pleins et de vides, de signes, trac\u00e9s, croisements, parcours visuels, presque m\u00e9taphores de la complexit\u00e9 du monde confi\u00e9es aux arbres, aux buissons, aux herbes, aux cieux, aux brumes, aux sentiers, aux rochers, aux eaux.<\/span><\/span><\/p>\r\n<p style=\"background: white; margin: 4.5pt 0cm; text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10.5pt; font-family: 'Helvetica',sans-serif; color: #1c1e21;\"><span class=\"textexposedshow\">Dans ce travail d&rsquo;observation continue, souvent bas\u00e9 sur l&rsquo;insistance, sur l&rsquo;\u00e9tude du &lsquo;motif&rsquo;, pour utiliser un terme de C\u00e9zanne, sur la v\u00e9rification obsessionnelle des formes, des lumi\u00e8res, des ombres, Ventura s&rsquo;est tr\u00e8s longtemps servi magistralement du noir et du blanc, m\u00e9thode tr\u00e8s int\u00e9ressante pour dessiner \u00e0 travers la photographie (le noir et blanc en photographie non seulement dessine le sujet, mais dessine, nous pourrions-m\u00eame dire, lui-m\u00eame), et ces derni\u00e8res ann\u00e9es, il est arriv\u00e9 \u00e0 la couleur, utilis\u00e9 en tout cas pas tant pour d\u00e9finir le champ, mais de nouveau pour enregistrer des signes.<\/span><\/span><\/p>\r\n<p style=\"background: white; margin: 4.5pt 0cm; text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10.5pt; font-family: 'Helvetica',sans-serif; color: #1c1e21;\"><span class=\"textexposedshow\">En vertu de cette recherche continue de signes, d&rsquo;indices, de traces \u00e0 travers lesquelles essayer de d\u00e9chiffrer une \u00e9nigme, la photographie de Ventura se pr\u00e9sente comme un ensemble dense de courts et piquants po\u00e8mes : pas une narration continue, mais l&rsquo;addition de plus de fragments que, peut-\u00eatre, r\u00e9unis entre eux, pourront-ils indiquer des significations. <\/span><span class=\"textexposedshow\">Son \u0153uvre, bien que construite \u00e0 travers des photographies (en apparence les images les plus \u00ab\u00a0r\u00e9elles\u00a0\u00bb), reste domin\u00e9e par un sentiment de myst\u00e8re, de question dilat\u00e9e. C&rsquo;est une sorte d&rsquo;\u00e9criture dont il est difficile de rep\u00e9rer l&rsquo;alphabet, qui nous parle certainement non seulement de lieux, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de bois, de plaines, de jardins, mais aussi et peut-\u00eatre surtout, et silencieusement, de personnes, d&rsquo;apparitions, de pens\u00e9es, de peurs.<\/span><\/span><\/p>\r\n<p style=\"background: white; margin: 0cm 0cm 4.5pt; text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10.5pt; font-family: 'Helvetica',sans-serif; color: #1c1e21;\"><strong>Roberta Valtorta<\/strong>, historienne et critique de la photograhie italienne<\/span><\/p>\r\n<p>[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/2&Prime;][vc_column_text]<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Je n\u2019ai pas \u00e9t\u00e9 du tout surpris lorsque l\u2019auteur de ces photographies, Fulvio Ventura, m\u2019a racont\u00e9 que plusieurs personnes, en les parcourant et les observant, sont rest\u00e9s atterr\u00e9s. Pas tellement par les photos elles-m\u00eames, mais \u00e0 cause du th\u00e8me, recourant, du bois. Un bois o\u00f9 l\u2019homme n\u2019y est pas, sinon dans les espaces dans lesquels il en a interrompu la continuit\u00e9.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Avant le g\u00e9nocide du paganisme, le bois a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 et prot\u00e9g\u00e9 pour notre monde, grec d\u2019abord puis latin, aussi les dieux, les nymphes et les satyres, comme il a continu\u00e9 \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer pour les peuples nordiques, m\u00eame apr\u00e8s la chute du paganisme, Ob\u00e9ron et Titania, les Nibelungen, les magiciens et les f\u00e9es qui ont trouv\u00e9 leur espace dans la po\u00e9sie.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant que l\u2019auteur faisait d\u00e9filer devant mes yeux ses photographies, il m\u2019est arriv\u00e9 de m\u2019arr\u00eater sur une figure, un visage dessin\u00e9 par un rocher, la fa\u00e7on dont la v\u00e9g\u00e9tation se dispose. Du dessin, des clair-obscur que l\u2019\u00e9corce dessine su un tronc, c\u2019est le jeu des lumi\u00e8res et des ombres qui traduit dans un language \u00e0 nous perceptible les formes humanis\u00e9es des dieux.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Ceux qui regardent au bois avec m\u00e9fiance, comme un dehors que dans leur t\u00eate r\u00e9veille seulement des craintes, n\u2019arriveront jamais \u00e0 en percevoir les formes secr\u00e8tes, les apparitions, les \u00e9piphanies, ces-m\u00eames qui ont pouss\u00e9 l\u2019auteur \u00e0 les chercher et les d\u00e9nicher dans le dessin des lumi\u00e8res et des ombres.<\/p>\r\n<p><strong>Ippolito Pizzetti<\/strong>, peintre paysagiste et essayiste<\/p>\r\n<p>[\/vc_column_text][\/vc_column][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/2&Prime;][vc_single_image image=\u00a0\u00bb666&Prime; img_size=\u00a0\u00bblarge\u00a0\u00bb][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/2&Prime;][vc_single_image image=\u00a0\u00bb1527&Prime; img_size=\u00a0\u00bbfull\u00a0\u00bb][vc_single_image image=\u00a0\u00bb1237&Prime; img_size=\u00a0\u00bbfull\u00a0\u00bb][\/vc_column][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/2&Prime;][vc_column_text]<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans ce livre Fulvio Ventura nous fait voyager \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de sa pens\u00e9e r\u00eaveuse. Jusqu\u2019ici presque tous les livres de photographie nous emmenaient visiter une r\u00e9alit\u00e9 bien d\u00e9limit\u00e9e : un pays, certains gens, certains monuments. La documentation \u00e9tait leur seul but avou\u00e9. Mais d\u00e9j\u00e0 le <em>Paris de nuit<\/em> de Brassai (1932), le <em>Paris des R\u00eaves<\/em>, d\u2019Izis (1950), nous faisaient partager l\u2019univers po\u00e9tique de leur auteur. Et Henri Cartier-Bresson, au d\u00e9but d\u2019<em>Images \u00e0 la sauvette <\/em>(1932), avouait sa subjectivit\u00e9 en rappelant au lecteur que \u2018<em>\u2019les images de ce livre ne pr\u00e9tendent pas donner une id\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de tel ou tel pays<\/em>\u2019\u2019. Chez quelques jeunes photographes cette \u00e9volution a trouv\u00e9 un accomplissement tr\u00e8s conscient. En France je citerai <em>Contretemps<\/em> d\u2019Arnaud Class (1978). Ici Fulvio Ventura conduit cette d\u00e9marche jusqu\u2019\u00e0 sa plus grande puret\u00e9.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019histoire que nous raconte Fulvio Ventura est d\u2019une \u00e9trange sorte. Elle est faite d\u2019autant de trous de myst\u00e8re que de pr\u00e9sences \u00e9nigmatiques. Comme celles de ses r\u00eaves ces images sont sorties de Fulvio Ventura lui-m\u00eame et lui apparaissent pourtant inconnues, venues d\u2019un ailleurs. Elles lui sont \u00e0 la fois extraordinairement intimes et extraordinairement \u00e9trang\u00e8res. La cr\u00e9ation photographique a ce privil\u00e8ge, entre toutes, que le cr\u00e9ateur se trouve imm\u00e9diatement confront\u00e9 \u00e0 son \u0153uvre comme si elle \u00e9tait celle d\u2019un autre. Situation \u00e0 la fois difficile et f\u00e9conde. Pour Ventura ces images sont des apparitions qui viennent de deux horizons qui lui \u00e9chappent\u00a0: celui de la r\u00e9alit\u00e9 objective, autre, ext\u00e9rieure \u00e0 lui-m\u00eame, et celui du substrat inconscient de sa pens\u00e9e, non moins inconnu \u00e0 lui-m\u00eame. Elles sont au confluent de ces deux d\u00e9bordements.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est l\u00e0 que sa lucidit\u00e9 veille, et les saisit, et cherche \u00e0 les mettre <em>\u2018\u2019en un certain ordre assembl\u00e9es\u2019\u2019<\/em>. Pour cela Ventura collectionne celles de ses prises de vue qui r\u00e9sistent \u00e0 l\u2019\u00e9rosion du regard. Elles restent l\u00e0 inentam\u00e9es, d\u2019une qualit\u00e9 \u00e0 la fois ind\u00e9finissable et irr\u00e9ductible, comme les fragments \u00e9pars d\u2019un beau roman perdu. Comme les morceaux dispers\u00e9s d\u2019un monde qui devrait \u00eatre coh\u00e9rent ailleurs, dans un absolu inaccessible. Mais une infinit\u00e9 de pi\u00e8ces manqueront toujours et on en a perdu le fil.<br \/>Ventura, devant ces images, n\u2019est pas plus avanc\u00e9 que chacun d\u2019entre nous. Elles sont le myst\u00e8re d\u2019un myst\u00e8re. Et devant elles se v\u00e9rifie la phrase capitale de Diane Arbus\u00a0: <em>\u2018\u2019Une photographie est un secret \u00e0 propos d\u2019un secret.\u2019\u2019<\/em><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Fragments \u00e9nigmatiques d\u2019une histoire bien \u00e9trange, Ventura les a choisies entre beaucoup parce qu\u2019elles lui \u00e9taient profond\u00e9ment intimes et qu\u2019elles le concernaient. Et bien que rencontr\u00e9es par un parfait hasard, elles collaient \u00e0 lui comme ces objets familiers \u2018\u2019qui s\u2019attachent \u00e0 notre \u00e2me\u2019\u2019. Le saut qu\u2019il a os\u00e9 c\u2019est de d\u00e9cider qu\u2019elles pouvaient aussi toucher les autres. Il veut nous communiquer une \u00e9motion tr\u00e8s secr\u00e8te, en pariant qu\u2019elle sera, et qu\u2019elle est d\u00e9j\u00e0, notre \u00e9motion. Et ceci sans aucun commentaire qui viendrait trahir la solitude premi\u00e8re et essentielle de chaque photographie.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Et le myst\u00e8re m\u00eame devient ici le plus profond moteur de notre cheminement. Jamais nous ne sommes \u00e0 l\u2019endroit o\u00f9 l\u2019on arrive, mais toujours \u00e0 l\u2019endroit par o\u00f9 l\u2019on passe, vers un autre endroit incertain. Comme Dante, au premier chant de l\u2019<em>Enfer<\/em>, dut s\u2019\u00e9garer dans une for\u00eat obscure avant de trouver son chemin, nous devons passer sous le regard effrayant des chim\u00e8res et des b\u00eates h\u00e9raldiques qui veillent aux portes des royaumes de l\u2019au-del\u00e0. Nous traversons des passages resserr\u00e9s et h\u00e9riss\u00e9s de dards, des serres irrespirables bourr\u00e9es de cactus hallucinog\u00e8nes. Et ces emb\u00fbches alternent avec des grandes ouvertures d\u2019espace, des parcs d\u00e9serts au fond desquels brille la fen\u00eatre d\u2019une maison solitaire.<br \/>Des personnages rares et fuyants, \u00e0 peine entrevus, seraient porteurs d\u2019un signe, d\u2019un message. Nous les suivons sur les quais du fleuve et dans les couloirs du m\u00e9tro. Ils nous entra\u00eenent dans un jeu de piste sans point d\u2019arriv\u00e9e et qui n\u2019est peut-\u00eatre tout entier qu\u2019une illusion. Ici l\u2019indice et le hasard se confondent pour rendre fou le d\u00e9tective.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Parfois quelqu\u2019un se dresse devant nous. Est-il le malin g\u00e9nie, soudain mat\u00e9rialis\u00e9, qui m\u00e8ne cette sarabande ?\u00a0 Mais nous ne voyons vraiment qu\u2019un monsieur cach\u00e9 par ses lunettes noires, le sourire moqueur d\u2019une petite fille, l\u2019\u00e9bahissement d\u2019un gros b\u00e9b\u00e9, aussit\u00f4t disparus. Et cette course poursuite s\u2019acc\u00e9l\u00e8re, \u00e0 travers des plaines battues de pluie, jusqu\u2019\u00e0 ce que les images se dissolvent dans l\u2019ombre du cr\u00e9puscule\u2026<br \/>Ainsi nous avons navigu\u00e9, ainsi nous avons divagu\u00e9 et d\u00e9riv\u00e9 d\u2019une photo \u00e0 l\u2019autre, et les avons-nous une \u00e0 une rejointes, sans jamais briser leur mutisme ni polluer leur solitude.<\/p>\r\n<p><strong>Jean-Claude Lemagny<\/strong> historien de la photographie, conservateur du d\u00e9partement des Estampes et de la photographie de la Biblioth\u00e8que nationale de France<\/p>\r\n<p>[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column width=\u00a0\u00bb2\/3&Prime;][vc_column_text]<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Le paysage &#8211; urbain et naturel \u2013 a \u00e9t\u00e9 un th\u00e8me central dans le travail photographique de Ventura. A partir des premi\u00e8res ann\u00e9es \u201970 sa recherche l\u2019a amen\u00e9 \u00e0 en poursuivre l\u2019\u00e9tude, documentant ces processus qui transforment le territoire et le milieu social, urbain et architectonique italien en un terrain de confrontation perp\u00e9tuelle. La conscience grandissante des th\u00e8mes environnementaux s\u2019est int\u00e9gr\u00e9e chez Ventura avec une sensibilit\u00e9 esth\u00e9tique toujours plus m\u00fbre, qui l\u2019a conduit \u00e0 l\u2019affirmation d\u2019une conscience artistique particuli\u00e8re. Pendant des nombreuses ann\u00e9es, \u00e0 travers la photographie, Ventura a travaill\u00e9 pour faire ressortir les responsabilit\u00e9s culturelles et politiques de certaines transformations du terroir, o\u00f9 aux criticit\u00e9s li\u00e9es \u00e0 des conditions g\u00e9ographiques sp\u00e9cifiques, s\u2019ajoute le probl\u00e8me de la conservation d\u2019un paysage historique et artistique unique. Une lutte qui doit aller de pair avec la d\u00e9fense contre la b\u00e9tonnage et l\u2019invasion du tourisme. C\u2019est sur ces bases que Ventura ha d\u00e9velopp\u00e9 son travail pour le Mus\u00e9e des Arts du XXI\u00b0 si\u00e8cle, le MAXXI. Une enqu\u00eate destin\u00e9e moins \u00e0 illustrer le paysage italien qu\u2019en r\u00e9colter les points critiques, les vides diffus dans une beaut\u00e9 insondable.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>Francesca Fabiani<\/b>, responsable Photographie Contemporaine, ICCD, Minist\u00e8re italien pour les Biens et Activit\u00e9s culturels<\/p>\r\n<p>[\/vc_column_text][\/vc_column][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/3&Prime;][vc_single_image image=\u00a0\u00bb852&Prime; img_size=\u00a0\u00bblarge\u00a0\u00bb][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column][vc_column_text]<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #008000;\"><b>Fulvio Ventura<\/b><\/span>, vid\u00e9o-interview \u00e0 propos de son travail sur Venise, \u00e0 l\u2019occasion de l\u2019exposition <i>Risque paysage<\/i>, 2007<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Parmi les diff\u00e9rents th\u00e8mes propos\u00e9s j&rsquo;ai voulu me confronter avec celui de la consommation touristique, qu\u2019a \u00e9t\u00e9 mis, de mani\u00e8re tr\u00e8s intelligente, parmi les risques pour le paysage. J\u2019ai choisi Venise parce que c\u2019\u00e9tait une sorte de crescendo hyperbolique d\u2019int\u00e9r\u00eat et d\u2019enthousiasme. Il n\u2019y a pas besoin de dire combien soit \u00e0 risque, et le risque majeur est qu\u2019elle soit vid\u00e9e des V\u00e9nitiens. En plus j\u2019aimais le d\u00e9fi, on a vu tellement d\u2019images de Venise qu\u2019il m\u2019a sembl\u00e9 un gant jet\u00e9 pour que je fasse encore quelque chose, une approche diff\u00e9rente. Non pas que je croie que la photographie puisse avoir un r\u00f4le dans l\u2019\u00e9veil de la conscience. Face au cours in\u00e9luctable des \u00e9v\u00e9nements je ne vois pas quel obstacle elle puisse interposer, quelle conscience elle puisse r\u00e9veiller. La beaut\u00e9 doit \u00eatre plus dans la t\u00eate de qui regarde, la photographie ne cr\u00e9e pas conscience, chacun retrouve ce qu\u2019il a d\u00e9j\u00e0 dedans (\u2026) Mais de temps en temps il faudrait s\u2019arr\u00eater, arr\u00eater le syst\u00e8me de filtres et se regarder autour avec un regard un peu vierge.<\/p>\r\n<p>[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column width=\u00a0\u00bb4\/5&Prime;][vc_column_text]C\u2019est un regard fugitif celui qui saisit et fixe l\u2019instant d\u2019un paysage nordique, un regard po\u00e9tique et m\u00e9lancolique qui invite \u00e0 la contemplation.<br \/>Nuages et lumi\u00e8re sugg\u00e8rent un mouvement en contraste avec la g\u00e9om\u00e9trie ferme des constructions, en premier plan la rationalit\u00e9 de l\u2019homme avec ses maisons solides, le sentier trac\u00e9, et en deuxi\u00e8me plan le paysage naturel dans sa mutabilit\u00e9, la lumi\u00e8re, l\u2019arc-en-ciel.<br \/>C\u2019est un regard sensible celui qui arrive \u00e0 saisir la tension des oppos\u00e9s et repr\u00e9senter dans la fixit\u00e9 de l\u2019image l\u2019\u00e9ternit\u00e9 du changement.<br \/><b>Paola Del Punta<\/b><br \/>[\/vc_column_text][\/vc_column][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/5&Prime;][vc_single_image image=\u00a0\u00bb5744&Prime; img_size=\u00a0\u00bbfull\u00a0\u00bb][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column width=\u00a0\u00bb4\/5&Prime;][vc_column_text]Il m\u2019arrive rarement, en regardant un tableau ou une photo, de ressentir un vertige piquant.<br \/>Comme si mes yeux se multipliaient.<br \/>Comme si seulement ce que je vois bougeait et le reste, tout le reste autour, soit ancien et fig\u00e9.<br \/>Je continue \u00e0 fl\u00e2ner dans la photo de Fulvio, magnolia qui semble se d\u00e9shabiller comme une \u00e9pouse qui d\u00e9pose ses voiles mais encore ils restent pris, orgueilleux et solitaires.<br \/><b>Libera Martinetti<\/b>, cr\u00e9atrice de bijoux<br \/>[\/vc_column_text][\/vc_column][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/5&Prime;][vc_single_image image=\u00a0\u00bb5729&Prime; img_size=\u00a0\u00bbfull\u00a0\u00bb][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column][vc_column_text]<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #008000;\"><b>Fulvio Ventura<\/b><\/span>, conf\u00e9rence-projection \u00e0 la Facult\u00e9 d&rsquo;Architecture de l&rsquo;Universit\u00e9 Polytechnique, Milan, Italie, 1994<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Ladies &amp; Gentlemen,<br \/>J\u2019ai accept\u00e9 avec plaisir l\u2019invitation du professeur Nava \u00e0 tenir ici une lecture avec projection, je dirais en premier lieu pour des raisons \u00e9go\u00efstes. En fait pendant \u00e0 peu pr\u00e8s vingt ans, fid\u00e8le au dicton \u2018boulanger fais ton m\u00e9tier\u2019, je me suis toujours refus\u00e9 \u00e0 fournir des commentaires ou des explications sur le travail que je faisais, convaincu qu\u2019il existe une pens\u00e9e visuelle, diff\u00e9rente et compl\u00e9mentaire \u00e0 la pens\u00e9e verbale et non reconductible \u00e0 celle-ci, au moins dans la mesure o\u00f9 personne ne songe \u00e0 faire un smoothie d\u2019un bon plat de spaghettis sauf si qui doit l\u2019avaler ne soit compl\u00e9tement emp\u00each\u00e9 dans la mastication : \u00e0 ce point, par contre, je ne crois pas qu\u2019il en ait plus rien \u00e0 foutre d\u2019un smoothie de spaghettis et que la logique de ses repas serait toute autre que la n\u00f4tre. Pour se comprendre, je pensais que d\u00e9crire verbalement et repr\u00e9senter visuellement \u00e9taient deux op\u00e9rations comme manger et boire. Je ne sais pas quelle part la paresse a eu aussi dans mon choix : les r\u00e9sultats ne se sont pas fait attendre et ont \u00e9t\u00e9 tragiques. Pour faire court, le r\u00e9sultat le moins d\u00e9sagr\u00e9able a \u00e9t\u00e9 d\u2019\u00eatre mal compris. Maintenant je me rends compte que vous \u00eates en temps d\u2019examens et que si vous \u00eates venus ici a \u00e9t\u00e9 aussi dans l\u2019espoir d\u2019y gagner quelque chose, et vous avez raison. Voici donc quelque chose d\u2019utile, un conseil pour votre carri\u00e8re future de dipl\u00f4m\u00e9s : ne vous laissez pas coller des \u00e9tiquettes professionnelles \u00e9quivoques ou limitatives.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour revenir \u00e0 mon cas, si le sujet de mon travail photographique autonome sur le paysage concernait ce que pouvait bien encore subsister d\u2019une nature je ne dis pas vierge, mais au moins pas avilie par l\u2019intervention anthropique, de fa\u00e7on \u00e0 pouvoir la voir et repr\u00e9senter photographiquement comme lieu de \u2018\u2019apparitions\u2019\u2019 entre guillemets, bien, en peu de temps je me suis retrouv\u00e9 coll\u00e9e l\u2019\u00e9tiquette de photographe de jardins. Non pas que ceci n\u2019ait pas eu ses aspects positifs : \u00eatre appel\u00e9 pour des travaux sur les jardins m\u2019a aussi aid\u00e9 dans la survie. De mon c\u00f4t\u00e9, toutefois, le discours \u00e9tait assez plus vaste et complexe.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Je m\u2019explique : l\u2019un des p\u00e8res fondateurs de la photographie, Alfred Stieglitz, a fait dans les ann\u00e9es \u201920 plusieurs photos de nuages et il les a appel\u00e9es <i>Equivalents<\/i>, et il ne me r\u00e9sulte pas qu\u2019il se soit donn\u00e9 la peine d\u2019expliquer diffus\u00e9ment en termes verbaux \u00e0 quoi ces images \u00e9taient <i>\u00e9quivalentes<\/i>. Peut-\u00eatre parce qu\u2019il s\u2019\u00e9tait fait d\u00e9j\u00e0 une certaine renomm\u00e9e en tant que portraitiste, personne ne songea \u00e0 l\u2019\u00e9tiqueter en tant que m\u00e9t\u00e9orologue.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Or, le titre <i>Equivalents<\/i> on peut l\u2019appliquer sans dommage \u00e0 une grande partie de la photographie qui a su unir savoir formel, technique ad\u00e9quate au message et qualit\u00e9 visionnaire. Je ne sais pas si quelqu\u2019un parmi vous \u00e9tait ici aussi l\u2019ann\u00e9e pass\u00e9e et a assist\u00e9 \u00e0 la projection-conf\u00e9rence de Gabriele Basilico. Je ne crois pas que Basilico aurait quelque chose \u00e0 redire si quelqu\u2019un d\u00e9finissait ses images comme <i>\u00e9quivalentes<\/i> plut\u00f4t que comme une sorte de tables illustratives architecte-urbanistique-sociologiques.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Je vais donc essayer d\u2019\u00e9claircir quelque chose sur l\u2019\u00e9quivalence, dans le cas sp\u00e9cifique de mes photographies, \u00e0 partir du titre exotique et un peu pr\u00e9tentieux qui rend l\u2019histoire plus modeste et raisonnable. <i>Lon, Sien, Jen<\/i> : en chinois, Dragons, Immortels et Hommes.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Les photographies ont \u00e9t\u00e9 faites dans deux zones g\u00e9ographiques : le sud de la France, c\u2019est-\u00e0-dire Dr\u00f4me, Vaucluse, Var et Haute-Provence, et en Italie, sur le rivage pi\u00e9montais du Lac Majeur, en particulier dans ce que fut la r\u00e9publique partisane d\u2019Ossola. Qu\u2019est que viennent \u00e0 faire les dragons chinois ? Voil\u00e0, si je regarde par la fen\u00eatre de mon studio, ce que je vois en face de moi, au-del\u00e0 du plan d\u2019eau du lac, c\u2019est un exemplaire impeccable de dragon, quoique amput\u00e9 d\u2019une patte, et de l\u2019amputation je soup\u00e7onne beaucoup une intervention humaine. Pour ceux parmi vous qui auraient une familiarit\u00e9 avec la doctrine chinoise du <i>Feng Shui<\/i>, tout est assez clair. Pour qui n\u2019en saurait rien, pour des raisons de temps je vais me limiter \u00e0 donner deux citations et une petite indication bibliographique. Mais, pour \u00e9viter tout de suite des malentendus comme : celui du Ventura-botaniste, je tiens \u00e0 pr\u00e9ciser : je ne suis pas un expert de <i>Feng Shui<\/i> et que je serai m\u00eame heureux, si quelqu\u2019un en sait plus, de rester en contact avec lui dans le futur.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Toutefois, avant de parler de <i>Feng Shui<\/i>, je retiens opportun de vous lire un bref \u00e9crit de Ceronetti, contenu dans la r\u00e9colte d\u2019articles et essais qui porte le titre <i>La carta \u00e8 stanca<\/i> (Le papier est fatigu\u00e9) qui date des ann\u00e9es \u201970, \u00e0 mon avis toujours tr\u00e8s valable quoique je ne puisse dire la m\u00eame chose du Ceronetti plus r\u00e9cent.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Voici donc Ceronetti ann\u00e9es \u201970 :<br \/><i>Un arbre sans Dieux, sans f\u00e9es, sans significations transcendantes, est d\u00e9j\u00e0 un arbre mort. Contre la passion destructive de l\u2019homme d\u00e9sacralis\u00e9 il est sans d\u00e9fenses. Si dans une cour il y a un c\u00e8dre du Liban plus vieux que les Pyramides qui emp\u00eache de se garer aux voitures de onze avocats, neuf commer\u00e7ants, trois dentistes, un photographe, un p\u00e9diatre, on le coupe tout de suite. Mais si au c\u00e8dre du Liban \u00e9tait attach\u00e9e la croyance que, en le coupant, tout le b\u00e2timent s\u2019effondre parce que avec l\u2019arbre mourrait le g\u00e9nie protecteur du lieu, une terreur respectueuse emp\u00eacherait la coupe.<br \/>L\u2019homme enlev\u00e9 du sacr\u00e9 peut faire seulement ce qu\u2019il est en train de faire ; ne lui demandez pas de respecter ce qui ne se pr\u00e9sente pas comme une r\u00e9alit\u00e9 obscure et impr\u00e9visible. L\u2019opinion de Haudricourt et H\u00e9din que toutes les plantes actuellement cultiv\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019origine sacr\u00e9es, et que seulement \u00e0 cause de cela ont surv\u00e9cu, est \u00e0 retenir. Au sommet de la s\u00e9cularisation il y a seulement la destruction.<br \/>Et la raison peut si peu, dans les faits humains, que la destruction des arbres continue m\u00eame si la raison, sortie de son sommeil, s\u2019est mise \u00e0 crier qu\u2019il faut l\u2019emp\u00eacher. Le rationalisme \u00e9cologique soutient qu\u2019il faut sauver le<\/i> vert <i>(mais qu\u2019est-ce que c\u2019est le<\/i> vert <i>?) parce que l\u2019air devient irrespirable. Sa stup\u00e9faction est grande, en voyant qu\u2019un conseil<\/i> pour survivre <i>n\u2019a aucun effet. La survie n\u2019int\u00e9resse pas concr\u00e8tement l\u2019\u00e2me humaine ; la r\u00e9ponse du c\u0153ur est glaciale. Ce qu\u2019on recherche ce n\u2019est pas la survie de l\u2019esp\u00e8ce (qu\u2019est-ce que c\u2019est l\u2019esp\u00e8ce ?), c\u2019est un sens \u00e0 la vie.<br \/>Les arbres ne sont pas le<\/i> vert, <i>sont \u2018nos grandes fr\u00e8res immobiles\u2019, une gens poilue, humide et cornue dont la caract\u00e9ristique, inconcevable pour l\u2019homme, est une bont\u00e9 infinie. Ils ne peuvent pas vivre sans d\u00e9votion d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e : on leur a fait seulement peur. Et l\u2019\u00e9cologie faillira, parce que son horizon mental n\u2019est pas diff\u00e9rent, en profondeur, de celui du destructeur<\/i>.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Expliquons-nous : ce n\u2019est pas que Ceronetti veuille \u00e9crire un manifeste pour fonder une nouvelle \u00e9cologie sur bases mythologiques ou religieuses. Et pas non plus que j\u2019en veuille en \u00eatre l\u2019illustrateur. Cela d\u00e9pend de l\u2019espace et du temps qu\u2019on veut donner \u00e0 la rationalit\u00e9 en nous-m\u00eames. Si en vous pr\u00e9vaut l\u2019attitude rationnelle, rien n\u2019emp\u00eache que vous puissiez consid\u00e9rer l\u2019\u00e9criture de Ceronetti comme une splendide m\u00e9taphore. Si par contre \u00e7a ne vous d\u00e9plait pas une attitude plus freak-bon enfant, rien emp\u00eache que le premier weekend de beau temps vous vous rendiez dans quelque bois pas trop fr\u00e9quent\u00e9 par touristes et boy-scouts, que vous mettiez \u00e0 votre ego deux belles parenth\u00e8ses husserliennes, qu\u2019exploriez un peu la situation e <i>prenez a good time<\/i>.<br \/>Mais l\u2019ami rationaliste n\u2019en d\u00e9morde pas : <i>m\u00e9taphore de quoi ?<\/i> il me demandera. C\u2019est vrai, c\u2019est une question de go\u00fbts et le rationaliste est lui aussi un \u2018digne citoyen\u2019, comme disait l\u2019Antoine shakespearien.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Le temps passe et essayons un peu d\u2019\u00eatre courts : en amont de tout \u00e7a il y a deux attitudes fondamentales face au cosmos. Ou le monde est <b>\u03ba\u03cc\u03c3\u03bc\u03bf\u03c2<\/b>, <i>cosmos<\/i>, c\u2019est-\u00e0-dire beau comme le dit l\u2019\u00e9tymologie grecque, est <i>chose bonne<\/i>, comme c\u2019est \u00e9crit dans la Gen\u00e8se, ou bien c\u2019est une boule de fumier comme le veut toute une fili\u00e8re de cosmophobes, bien plus nombreux qu\u2019on ne le croie dans la pens\u00e9e occidentale, et pas seulement dans celle-ci. Et dans les esprits de la famille des cosmophiles, pour le dire \u00e0 la Karl Marx, un spectre rode volontiers. C\u2019est l\u2019id\u00e9e de l\u2019<i>Anima Mundi<\/i>, l\u2019\u00c2me du monde, ou si l\u2019on veut d\u2019un cosmos vivant et anim\u00e9 (une \u00e2me qui peut facilement se diviser en une pluralit\u00e9 d\u2019\u00e2mes). Cette vision du monde n\u2019est pas si \u00e9loign\u00e9e de nous : je crois qu\u2019elle \u00e9tait bien enracin\u00e9e dans cette m\u00eame Gr\u00e8ce classique qui a engendr\u00e9 les d\u00e9buts de la science occidentale (voir Hymnes Hom\u00e9riques).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Malheureusement il faut que j\u2019aille un peu en courant, autant \u00e0 cause du temps \u00e0 disposition qu\u2019\u00e0 cause de votre attention d\u00e9j\u00e0 \u00e9prouv\u00e9e. M\u00eame, pas seulement en courant, mais en sautant. Et ici je peux revenir avec un saut au <i>Feng Shui<\/i> : pour qui ne le sait pas, qu\u2019est-ce que c\u2019est ? Dit en vitesse, c\u2019est une interpr\u00e9tation du cosmos en termes de <i>Ch\u2019i<\/i> :<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Le <i>Ch\u2019i<\/i> est l\u2019\u00e9nergie active qui coule \u00e0 travers les formes. En tant que telle elle est responsable des mutations des formes caract\u00e9ristiques de tous les \u00eatres vivants, y compris la Terre.<br \/>Le <i>Ch\u2019i<\/i> \u0153uvre \u00e0 tous les niveaux. Au niveau humain c\u2019est l\u2019\u00e9nergie qui parcourt les m\u00e9ridiens d\u2019acupuncture du corps. Au niveau agricole c\u2019est la force que, si elle n\u2019est pas stagnante, produit des r\u00e9coltes fertiles. Au niveau climatique c\u2019est l\u2019\u00e9nergie transport\u00e9e par les vents et les eaux.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans <i>Tao Magic<\/i> (1975, page 13), Laszlo Legeza explique le <i>Ch\u2019i<\/i> de cette fa\u00e7on :<br \/><i>Le<\/i> Ch\u2019i <i>l\u2019Esprit Vital, impr\u00e8gne le monde du tao\u00efste. C\u2019est l\u2019Esprit Cosmique qui vitalise et impr\u00e8gne de soi toute chose, donnant \u00e9nergie \u00e0 l\u2019homme, vie \u00e0 la nature, mouvement \u00e0 l\u2019eau, croissance aux plantes. Il est exhal\u00e9 par les montagnes, o\u00f9 vivent les esprits sous forme de nuages et brouillards, et c\u2019est pour \u00e7a que le mouvement ondul\u00e9 des nuages, du brouillard et de l\u2019air impr\u00e9gn\u00e9e de la fum\u00e9e qui monte de l\u2019encens qui br\u00fble, est une repr\u00e9sentation typique du<\/i> Ch\u2019i <i>dans l\u2019art chinois<\/i>.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">A remarquer le relief donn\u00e9 aux nuages et au brouillard, <i>feng<\/i> et <i>shui<\/i>, qui forment les dragons dans l\u2019air.<br \/>Le dragon dessine une ligne-parcours de <i>Ch\u2019i<\/i>, comme aussi le tigre, qui est son second r\u00f4le. Maintenant rien n\u2019emp\u00eache que vous donniez des explications analogues en termes d\u2019\u00e9lectromagn\u00e9tisme. Il semble vraiment, sur la base de pi\u00e8ces \u00e0 conviction de la science occidentale, que la Terre soit parcourue par des changeants m\u00e9ridiens \u00e9lectromagn\u00e9tiques. Mais parler de dragons, comme r\u00e9pondit un ordinateur (mais qui l\u2019avait programm\u00e9 ?) \u00e0 un ami \u00e0 moi g\u00e9ologue, est <i>\u2018plus beau\u2019<\/i>. Et de cette fa\u00e7on, surtout, on ouvre la voie \u00e0 cette attitude par rapport au monde si bien d\u00e9crite da Walter Friedrich Otto dans <i>Les Dieux de la Gr\u00e8ce<\/i> :<br \/><i>Dans le monde des Grecs, le divin ne domine pas l\u2019\u00e9v\u00e9nement naturel comme une puissance souveraine : il se r\u00e9v\u00e8le dans les formes du naturel m\u00eame, en tant que son essence et son \u00eatre. Si pour les autres se produisent des miracles, dans l\u2019esprit grec le plus grand des miracles se d\u00e9roule par le fait que lui est donn\u00e9 de voir les objets dans l\u2019exp\u00e9rience vive, de telle fa\u00e7on que lui montrent les v\u00e9n\u00e9rables contours du divin, sans rien perdre de leur r\u00e9alit\u00e9 naturelle<\/i>.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Voulons-nous devenir fr\u00e9n\u00e9tiques comme dans un vid\u00e9o-clip ? Et alors revenons de la Gr\u00e8ce en Chine et faisons comparaitre les Immortels : tradition chinoise, tao\u00efste. Huit sont les plus fameux, mais il semble qu\u2019il en ait beaucoup d\u2019autres. Pour ceux qui voudraient en savoir plus, je renvoie au beau livre de Kristopher Schipper, le <i>Corps Tao\u00efste<\/i>. Ici il suffit de dire qu\u2019il semble qu\u2019ils soient de nature joyeuse, qu\u2019ils se d\u00e9placent \u00e0 loisir dans l\u2019\u00e9ther et qu\u2019ils ont tendance \u00e0 se tenir \u00e0 bonne distance des humains, mais que, invit\u00e9s, participent volontiers aux f\u00eates et aux banquets, m\u00eame si invisibles ou sous apparences \u00e9tranges. Mais quel rapport avec ce qui a \u00e9t\u00e9 dit avant ? Voici une belle question. Et de toute fa\u00e7on je vous lis ce qu\u2019\u00e9crivait Shitao, peintre et th\u00e9oricien chinois du 18\u00b0 si\u00e8cle, dans son discours sur la peinture, chapitre 11 paragraphe 6, qui porte comme titre <i>Le Vertige<\/i> :<br \/><i>Avec ce processus on veut exprimer un univers inaccessible \u00e0 l\u2019homme, sans routes pour y arriver, telles que sont les montagnes de Bohai, Penglai e Fanghu : ici seulement les Immortels peuvent habiter, mais l\u2019homme commun ne peut pas l\u2019imaginer ; c\u2019est le vertige, tel qu\u2019il existe dans l\u2019univers naturel. Pour l\u2019exprimer en peinture il faut repr\u00e9senter des pics abrupts, des pr\u00e9cipices, des ponts suspendus, des ab\u00eemes extraordinaires<\/i>.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Et avec cette nostalgie du pass\u00e9 nous regardons le monde ext\u00e9rieur, le regard devient un sentir \u00e9thique, la modalit\u00e9 possible pour enqu\u00eater et raconter des lieux qui semblent avoir perdu toute reconnaissabilit\u00e9, nous niant toute possibilit\u00e9 de lecture, presque comme s\u2019ils \u00e9taient touch\u00e9s par une mal\u00e9fique magie de science-fiction qui les a boulevers\u00e9s.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Parmi les fils emm\u00eal\u00e9s du toujours identique, de la r\u00e9p\u00e9tition indiff\u00e9rente dans l\u2019espace informe, royaume de l\u2019analogue et de la quantit\u00e9, la photographie peut, \u00e0 travers fragments et intuitions, petites mutations de la lumi\u00e8re, l\u2019\u00e9vidence d\u2019une couleur, le d\u00e9tail d\u2019une fa\u00e7ade, les lignes d\u2019un visage, un espace inattendu, transformer tout \u00e7a pour nous en petites certitudes, en petits mondes \u00e0 relier entre eux pour tracer un parcours possible comme s\u2019ils \u00e9taient les cailloux de Petit Poucet, pour voir \u00e0 nouveau une image lisible.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Je pense qu\u2019\u00e0 ce point on peut commencer la projection ou, si on veut, la lanterne magique.<\/p>\r\n<p>[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column][vc_column_text]<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>Anna de Lorenzi<\/b>, <b>Daniele<\/b> et <b>Christel Bortolan<\/b>, <b>Bruno Bortolan<\/b> et <b>Julie Armando<\/b>, <b>Lorenzo Camocardi<\/b>, <b>Giulia Zorzi<\/b>, <b>Beatrice Hepp<\/b>, <b>Aurora Bortolan<\/b>, <b>Kati Haschert<\/b>, qui ont collabor\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9dition de ce site, cl\u00f4turent cette petite r\u00e9colte de citations avec une r\u00e9flexion de Walter Benjamin, particuli\u00e8rement appr\u00e9ci\u00e9e par Fulvio Ventura, extraite du livre <i>Route \u00e0 sens unique<\/i>:<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand un \u00eatre tr\u00e8s proche de nous meurt, il y a, dans les changements des mois suivants quelque chose qui, bien qu\u2019on aurait souhait\u00e9 la partager avec le disparu, il nous semble qu\u2019elle ait pu se d\u00e9ployer seulement gr\u00e2ce \u00e0 son \u00e9loignement. Nous le saluons, \u00e0 la fin, dans une langue qu\u2019il ne comprend d\u00e9j\u00e0 plus.<\/p>\r\n<p>[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row]<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[vc_row][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/2&Prime;][vc_single_image image=\u00a0\u00bb2007&Prime; img_size=\u00a0\u00bbfull\u00a0\u00bb][\/vc_column][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/2&Prime;][vc_column_text] Les neurophysiologistes disent que l\u2019adolescent a une explosion de liaisons synaptiques, et apr\u00e8s avec la maturit\u00e9 celles-ci se r\u00e9duiront \u00e0 la moiti\u00e9 : seront \u00e9cart\u00e9s les moins fr\u00e9quent\u00e9es et moins utiles. 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